Au programme :

ARGENTINE
Les Argentins
Foz de Iguazu
(1oct2003)

BRESIL
Carburant alcool
La vie difficile des hommes
Cascavel (7oct2003)
Anti-Américanisme primaire (15oct03)

URUGUAY (23 oct 2003 au 9 nov 2003)
Lavage à l'orage (24oct2003)
Passager clandestin dangereux

ARGENTINE (le retour, 9 nov 2003)
La crise de dec 2001 en Argentine
"Vivero Santa Dorotea"

"Chez ces gens la" (14nov2003)
Le lièvre et la tortue. (23nov2003)

La guerre du vent

Terre de feu

30 000Km (23 dec 2003)
Ushuaia (24dec04)

CHILI
Punta Arenas - Puerto Natales

ARGENTINE
Calafate, les jeunes touristes (7janv04)
Les jours de travaux forcés (janv04)

CHILI
La Carretera Austral (19janv-25janv04)

ARGENTINE
Guerre du vent, suite (25janv04)

CHILI
La route de l'enfer (remontée vers Santiago)
Santiago (15fev04)
Santiago - Mendoza (21fev04)
Résultat 1er sondage tdmbent
Nourriture
Faune
Pour ceux qui partent

Conclusions sur l'Amérique


ARGENTINE

(trajet)

(3 aout 2003)
En Bolivie, je pensais continuer dans ma folie, en prenant une piste sableuse (qu'on m'a fortement déconseillé) pour rejoindre Asuncion (capitale Paraguay), mais avec la suspension cassée du vélo, je choisie la sagesse et prend le cap plein sud pour rallier l'Argentine. Les cyclotourdumondistes qui en venaient m'en disaient beaucoup de bien, et effectivement, je rencontre beaucoup d'Argentins et d'Argentières d'une très grande gentillesse.

Superficie équivalente à 29% de l'Europe.
Je vous laisse vous renseigner sur l'histoire (Peron et sa femme Eva ou "Evita", dictateurs Videla, Menen, etc.). Sur internet, en quelques clics de souris vous y êtes...
A noter, qu'entre 1857 et 1930, l'Argentine a connu une vague d'immigration de plus de 6 millions de personnes, la pluspart Italiens, Espagnols, Allemands, etc. Donc, beaucoup de gens de type européen ici (peau plus blanche, grande taille, etc.). Et, pour la première fois depuis mon départ de France, je ne suis plus le seul barbu ! Faut dire qu'aux US, ils ont beaucoup de problèmes avec les barbus : Fidel Castro, Che Guevara, Ben Laden, etc.

Il y a aussi eu une vague d'immigration de grosses entreprises multinationales ces dernières années. Beaucoup de voitures made (ou plutot "designed") in France sur les routes.

Sinon, par ici, c'est tout plat et ça roule bien, sauf quand arrive un vent violent du sud-est... Evidemment c'est ma direction et je l'ai de face ! Alors qu'en quittant les Andes, j'étais passé avec joie de températures plus qu'hivernales (-12ºC la nuit) à des 40ºC (20ºC la nuit), ce vent du sud-est a ramené le froid. Il y a des jours où le vent est tellement fort que j'arrête de pédaler pour me planquer dans un bois et lire. Pas la peine de rouler à 18Km/h en me battant face au vent alors que peut-être demain (?) je pourrai rouler à 25Km/h sans vent et avec le moral.
La question fondamentale du soir, c'est souvent : est-ce que je mange en suant dans la tente, ou dehors en suant dans ma combinaison Goretex qui me protège des mouches et moustiques ?
Vers 19h15, le soleil disparaît, et c'est comme dans une compétition sportive : les mouches s'en vont en passant le relais aux moustiques. J'entends les mouches dirent : "bon, on a bien picoré sa peau, à vous de sucer le sang maintenant !, Bonne nuit"...

Les Argentins
Fameux ! C'est bien sûr variable suivant les régions et les villages, mais en général, on tombe sur des gens d'une extrême gentillesse !
C'est marrant de voir comme tout change en passant une frontière...
Il n'y a plus de coup de klaxonne comme au Pérou ou en Bolivie. J'ai l'impression d'être en face d'une population plus intelligente. C'est des appels de phares, ou des mains, des pouces, qui se lèvent derrière le pare-brise, ou dehors quand la vitre est ouverte. Les camions s'écartent bien quand ils me doublent malgré l'étroitesse de la route (sauf exception).
Tout le monde répond à mes bonjours, même les filles toutes seules sur leur vélo me répondent (ce n'était pas le cas au Mexique).
Mon vélo fait toujours autant rire les gens. Et si je me mets à manger en pédalant, ce n'est plus des rires, c'est des cris de folie...

Foz de Iguazu (1oct2003)
C'est les chutes que l'on peut voir dans le film "Mission". En effet cette partie de l'Amérique du sud a été gérée par des Jésuites. Une forme de colonisation un peu plus douce. Je vous laisse faire les recherches nécessaires sur internet.
Les chutes d'Iguazu (rien à voir avec Niagara aux US), c'est certainement la plus belle chose que j'ai vu dans ma vie. Avant c'était la mer de glace dans les Alpes. Mais ici, quelle énergie, quelle vie ! Cette énorme masse d'eau qui tombe de tous côtés, les centaines d'oiseaux qui tournent autour, la verdure dans tous les recoins des chutes. Je vous laisse admirer les photos.
Avant, les chutes étaient gérées par la nation (l'entrée coûtait 5euro en 1999), maintenant c'est privé (entrée à 10euros)... Donc dépêchez-vous d'y aller, si c'est comme au Machu-Picchu, ça va encore augmenter.
Après les chutes que je conseille d'aller voir côté Argentine, je passe au Brésil, et fais également un passage très rapide au Paraguay.

 


PARAGUAY

Pays de 5 millions d'habitants, dont 50% vivent et travaillent dans les campagnes. 9% des propriétaires accaparent 87% des surfaces... Ca vous donne une idée du pays !
Auprès des voyageurs que j'ai pu croiser, c'est un pays qui a mauvaise réputation (beaucoup de problèmes avec la police corrompue aussi).
J'y fais un passage très bref (2oct2003). Alors que je suis à Foz do Iguazu au Brésil à la recherche de pièces de vélo, l'on me dit qu'il y a de la qualité à Cuidad del Este, au Paraguay (10Km d'où je me trouve). Donc j'y vais. Comme on ne m'arrête pas aux frontières, je ne prends pas la peine de faire les formalités (j'essaie d'économiser la place sur mon passeport...). Arrivé dans la fameuse ville Cuidad del Este, c'est l'enfer ! À la vue de mon vélo, les gens crient en riant, des gosses pauvres me courent après (je reçois encore des cailloux), dès que je m'arrête, je suis prisonnier par un attroupement de gens. J'essaie quand même de rechercher l'adresse que m'a donné un vendeur côté Brésil. Mais comme d'habitude, personne ne connait, ou l'on m'indique une mauvaise direction. De toutes façons, il n'y a pas non plus de qualité par ici. Je me sauve rapidement et retourne au Brésil. J'y arrive exténué, comme sorti d'un mauvais cauchemar.

petit texte sur la Bataille pour l’or bleu à la « triple frontière »


BRESIL

(trajet)

5eme plus grand pays du monde, presque aussi grand que les USA.
65% des habitants ont moins de 30ans.
Son nom vient du bois tropical "pau do brasil" exporté par les premiers colons.
Vu la grandeur du pays, je vais en voir une infime partie.

Carburant alcool
En arrivant dans cette région sud du Brésil, j'ai eu l'impression de retourner aux Etats-Unis, dans la région de Washington DC.
Les premiers jours, j'ai beaucoup souffert sur les larges routes d'ici. Si vous avez une bouteille d'alcool ménagé à 90º sous la main, mettez votre nez au dessus et respirez bien fort... c'est ce que je ressentais près des voitures. Non, ce n'est pas exagéré... Ça vous pique le nez, la gorge et je ressens des douleurs jusqu'aux poumons. En effet depuis une dizaine d'année on roule à l'alcool au Brésil. C'est beaucoup moins cher (0,63euros l'essence, 0,52euros gasol, et 0,28euros alcool ! A ce prix là, vous imaginez bien que tout le monde roule toute la journée en voiture même pour faire 1Km, comme aux US...) et parait-il moins polluant. Mais il faudrait voir de quelle pollution l'on parle. Ca génère peut-être moins de CO2, mais mes poumons n'ont pas l'air d'apprécier...
Sinon, au milieu de la route, ils ont mis des lignes continues ou discontinues. C'est une habitudes que les hommes ont pris partout dans le monde. Mais, ici, c'est vraiment du gâchis de peinture... Absolument personne ne les respecte.

La vie difficile des hommes ;-)
Je crois que la vie des hommes est dure et compliquée au Brésil. Personnellement, quand je suis dans la rue, je suis en permanence très géné et tout rouge. Je ne sais où poser mes yeux. Et quand il y a du soleil, si j'ai le malheur de protéger mes yeux par des lunettes noires, j'ai droit à des regards méchants et accusateurs de la part des filles... Les filles ici... C'est bien le problème ! Elles se baladent à moitié nues ! Et quand elles sont un peu habillées, c'est avec des habilles transparents ! D'accord, il fait chaud, mais quand même... Toutes à exiter les pauvres hommes dont je fais parti.
Cela dit, je crois bien être le seul gêné... D'ailleurs, l'habitude des hommes à regarder sans gêne, se reporte dans leur regard vis-à-vis de moi qui est un étranger sur un vélo bizarre. Toute la journée, tout le monde me regarde. Je plante ma tente dans un champ près d'un chemin. Tous les occupants des voitures qui passeront vont ralentir et me regarder les yeux collés à la vitre sans même me saluer. D'après mon éducation, ce n'est plus de la curiosité, c'est un manque de respect. Il faut que je m'y fasse...

Cascavel (7oct2003)
Grande ville un peu à l'américaine. De grandes avenues pleines de magasins (surtout des vêtements, la mode ça marche bien ici...). J'en profite pour bricoler sur le vélo :
- changement de suspension, j'en trouve une à 10euro sans amortissement.
- nouvelle cassette (engrenages roue arrière), que je transporte depuis le Salvador, l'ancienne a durée 26 500Km !
- changement de chaînes (l'ancienne, IG SRAM, avait 10 400Km).
Le soir, camping du côté des pauvres, excellent accueil. Pas mal de gens viennent me parler, on m'invite au petit déjeuner, au déjeuner, etc. Les pauvres ici, c'est un peu comme aux US, on ne les voit pas dans la rue, aucun clochard, aucun mendiant. La police est là pour les chasser. On ne peut les voir qu'en périphérie de la ville, parfois dans des cabanes.

Anti-Américanisme primaire (15oct03)
Bien souvent ici (et je l'avais remarqué aussi en Argentine), j'ai droit à des regards méchants pleins de mépris. C'est parce que l'on croit que je suis des USA. Le drapeau Francais à l'arrière du vélo, malgré le foot, peu le connaissent (5% ?). Quand je dis que je suis francais, tout s'arrange.
Des américains à vélo, j'en ai croisé pas mal depuis mon grand départ (juin02), et c'était toujours des gens très bien. Bien sûr, en général un peu froid et souvent honteux d'être des EU. D'ailleurs ils essayent de le cacher (jamais de drapeau bien-sûr). Enfin, de toutes facons, un gars sur un vélo hyper chargé, quelque soit sa nationalité (et peu choisissent...), c'est un gars très courageux qui mérite le respect !

J'avais planifié un passage par Porto Allegre, mais j'en ai tellement eu marre de toutes ces voitures absolument partout que je file au plus vite vers l'Uruguay. J'ai été jusqu'à me mettre des bouchons dans les oreilles ici ! Le pire, c'est le dimanche... Tout le monde s'embête à mourir, à un tel point qu'ils prennent leur voiture pour aller se tuer dans un excès de vitesse. Sur le vélo, mon écarte danger a pris de la longueur, il a peur.



URUGUAY

trajet Amerique du sud (80Ko)

(23 oct 2003 au 9 nov 2003)
J'entre en Uruguay par Acegua, petit poste frontalier au Nord-est du pays. Rapidement je suis surpris de voir que tout le monde me dit bonjour ici. Ca fait plaisir !
Le lendemain de mon arrivée, alors que je suis dans un cyber-café, je suis dérangé par 2 fois pour un interview télévisé.
Le plus gros problème dans ce pays, ça va être pour trouver une bonne place de camping tous les soirs. Il y a pourtant de superbes pâtures (avec chevaux, moutons, vaches) partout. Mais il y a aussi des chaînes avec cadenas sur toutes les clôtures de ces prairies !

Lavage à l'orage (24oct2003)
18h, je plante ma tente, me lave, mange, et au dodo. 19h30, Mr Weather a décidé de nettoyer ma tente. Il commence au Karcher accompagné par des éclairs (pas au chocolat malheureusement). Si j'avais pu donner mon avis, j'aurais dit que c'est pas une bonne idée... Mais c'est un dictateur que ce Mr Weather... Toute la nuit il va m'empêcher de dormir. De 5h à 6h, il passe enfin à l'essorage : de gros vents violent qui font sauter les dernières sardines. Puis le soleil arrive, c'est le séchage. Fin du cycle. Qui reviendra tous les 3-4 jours...

Passager clandestin dangereux
Samedi 25 octobre 2003 14h35, je fais une pause dans une petite montée. Tout en mangeant ma demi baguette à la confiture, je jette un oeil sous le siège du bent et j'apercois un truc bizarre. J'enlève les sacoches sur les côtés, plus aucun doute, c'est une jeune et grosse araignée qui a envie de voyager : photo1, photo2, photo3.

Les guerres mentent, référendum sur l'eau en Uruguay


ARGENTINE

trajet Amerique du sud (80Ko)

(le retour, 9 nov 2003)

La crise de décembre 2001 en Argentine
En Bolivie, je voyais beaucoup de produits fabriqués en Argentine. Je croyais donc que l'Argentine était un grand pays industriel riche, avec des belles routes, des belles villes, etc. Mais en y arrivant par le Nord, je m'aperçois que les routes c'est souvent de la piste, que même dans les villes, ce n'est pas macadamisé ! Bizarre...

L'Argentine suivait pourtant à la lettre toutes les directives libérales que lui dictait le FMI et Washington : démantèlement du secteur publique, privatisation, libéralisation de l'économie et des échanges extérieurs, etc.
Mais le pays va mal : depuis le début des années 1970, la dette extérieure est passée de 7,6 à 132 milliards de dollars, sans parler des 40 milliards de dollars encaissés par l'Etat en raison des privatisations et évaporés (c.f. le Président Menen) ! Le chomage est passé de 3% à 20%. L'extrême pauvreté de 200 000 personnes à 5 millions. L'illettrisme de 2% à 12% ! Mais la fortune, placée à l'étranger, des dirigeants politiques, syndicaux et du patronat atteint plus de 120 milliards de dollars !
En refusant le 5 décembre 2001, un prêt de 1,264 milliards de dollars à son meilleur élève, le Fonds monétaire international a déclenché une crise d'une ampleur sans précédent.

Pour plus d'infos : http://www.cadtm.org/

 

http://elcorreo.eu.org/

Donc voilà encore un pays avec plein de resources (gas, pétrole, cuivre, or, et une population relativement instruite et travailleuse) mais qui survi très mal car mal dirigé. On voit par cet exemple que la gestion politique d'un pays est capitale ! Et que le peuple a intérêt à surveiller ce que font ses dirigeants politique ! (je dis ça pour tous ceux qui se foutent de la politique, qui ne vont pas voter, et qui disent "les politiciens c'est tous des pourris"... Mais ils arangent vos vies et la vie des futures générations...).


"Vivero Santa Dorotea"
(photo)
Après la visite de Julian (80Km à l'ouest de Buenos Aires) où j'ai pu visiter l'une des plus grandes cathédrales d'Argentine, et un bon musée historique du pays, je me dirige doucement vers Buenos Aires. C'est de plus en plus habité et je commence à avoir du mal à trouver un endroit correct pour camper. Puis ça fait un moment que l'on me dit que Buenos Aires c'est dangereux. Après une heure de recherche, je finis par demander à un grand vendeur d'arbustes si je peux camper sur son terrain. Il va voir sa femme, puis revient en me proposant d'aller demander au zoo d'en face, et s'ils ne sont pas d'accord, je peux venir. Je vais voir l'administration du zoo, ils veulent me faire payer, donc je retourne chez mon arboriculteur "Jorge". On trouve une place rapidement, il me montre l'eau, me donne des oeufs, puis part avec sa femme et m'enferme dans l'enclos. La nuit tombe.
Le lendemain matin, ils attendent que je sorte de ma tente pour m'inviter au petit déjeuner (on mange de superbes pâtisseries). La journée va vite passer. Entre la visite des clients, je vais réussir à leur montrer sur ordinateur les plus belles photos de mon voyage. Ils me donnent du confort, je leur donne du rêve. Comme ils insistent, je vais passer une deuxième nuit ici. Mais cette fois-ci sous abris. Car la tempête est de retour (pluie et rafales à 100Km/h).

"Chez ces gens la" (14nov2003)
Je les avais rencontrés aux Galapagos sur un bateau ami.
Après analyse de la situation, je crois qu'ils se sont sentis obligés de m'inviter chez eux à Buenos Aires. Comme quoi, définitivement, il ne faut jamais faire les choses à contre coeur !
Dès le premier contact par email, on m'a demandé "quand j'arrivais et pour combiens de temps". D'habitude on me dit "tu viens quand tu veux, on t'attend avec impatience". C'était louche...
Chez eux, c'était grand : un petit château de 3-4 étages, avec grand jardin et piscine. Dans un quartier surveillé par quelques gardiens. Le genre de quartier où les pauvres viennent trouver des otages pour des "ridicules" (m'ont-ils dis) rançons de 1500 euros (10 mois de salaire d'un argentin moyen !). Il y avait bien sûr un jardinier et une servante qui ne mangeait pas avec nous. Depuis mon départ en juillet 2002, j'ai vécu dans 6 familles où il y avait des servantes, et elles mangeaient avec nous (au Mexique par exemple). C'était donc différent ici.
Je me suis rendu compte petit à petit que je vivais dans un climat de mépris et d'hypocrisie. On me souriait devant mais me "pourrissait" par derrière. Si vous avez vu le film "Dîner de con", vous y êtes un peu. C'est des gens chez qui l'ego a pris une telle ampleur, qu'il a tué toute trace d'humilité. Les enfants sont élevés dans le moule et très surveillés (on leur inculque les bonnes pensées, pas d'écart). Ils obeissent strictement aux paroles de leurs parents (un côté facho). Ils sont déjà presque aussi hypocrites et fiers que leurs parents. Bref, une éducation totalement opposée à celle que j'ai eu la chance de recevoir. Ces gens savent bien sûr parler anglais et espagnol couramment, jouer de la musique, il font tous de grandes études dont ils sont très fiers.
Mais moi je me demande quel intérêt il y a de savoir parler plusieurs langues et jouer de la musique si l'on est pas capable d'échanger et de partager avec le premier venu. Si l'on est pas capable de sortir de sa petite vie mesquine, de l'égoïsme familial, et d'accepter la différence. C'est vrai que je ne trimbalais pas le costume 3 pièces dans mes sacoches ; un problème...
A la première occasion, le père est venu me demander discrêtement de partir.
Je sors de cette expérience le moral à zéro. Mais ce sera pour repartir encore plus fort.

Le lièvre et la tortue. (23nov2003)
Après avoir quitté "ces gens là", je vais chercher un certain Alexis Malafosse à l'aéroport "Ezeiza" de Buenos Aires (une photo de Buenos Aires). Alexis, c'est un gars que j'ai connu par internet, sur les forums de "bentrideurs" (ceux qui roulent en bent).
Rapidement, je m'aperçois qu'en roulant à deux, on est un peu comme le lièvre et la tortue (tortue sur la route 3).

Film sur la route "3" de 2Mo avec Alexis

Le lièvre, malgré son surpoids (bagages), roule vite. La tortue est plus lente, on dirait qu'elle s'économise. D'ailleurs elle fait beaucoup moins de pauses pour manger et boire (rappelez vous les tortues des Galapagos qui peuvent se passer de manger et boire pendant 1 an !). Elle dort moins que le lièvre aussi. Mais toute la journée, le lièvre est devant, sauf, sauf quand le vent (toujours de face ici) se lève. Là, la tortue passe devant, elle est plus aérodynamique (petite roue de 20 pouce à l'avant). Et si le lièvre, collait derrière la tortue, ne suit plus, il est perdu ! Le vent s'engouffre dans ses grandes oreilles et c'est la fin.
Au niveau politique et idéologique, le lièvre et la tortue sont fortement opposés. On roulera quand même bien : on mettra 30 jours pour faire Buenos Aires - Ushuaia. (2900Km à vélo, vous pouvez voir le tableau "km_dep.xls" sur la page "Acc" des récits pour voir nos "performances").
Sur les pistes de La Terre de Feu et dans les Andes, le lièvre sera encore plus rapide car avec ses grandes pattes (2 grandes roues de 26 pouces) il franchira mieux les obstacles.
Mais supposons que le lièvre court à 25Km/h pendant 6h (soit 150Km/jour), ceci en décomptant ses nombreuses pauses. Et que la tortue marche à 19Km/h pendant 8h (soit 152Km/jour), elle peut même davantage puisqu'elle se fatigue moins, les journées durent 17h ici ! La tortue dépassera le lièvre. Sans compter les grasses matinées dont profite le lièvre. Mais il en a encore pour au moins 3 ans de voyage, il lui faut un peu de confort pour tenir jusque là... La Tortue rentre chez elle dans 3 mois !

La guerre du vent
Le sud de l'Argentine, et en particulier la Patagonie, c'est un endroit où il ne faut surtout pas laisser partir un sachet plastique dans l'air, car ça souffle tellement fort et vite, que le sachet, ferait le tour de la Terre (12000Km ici), et vous le recevriez 5 secondes après dans la figure. (Imaginez la terrible vitesse du vent... : 2400Km/s=8640000Km/h !)
Bref, ça souffle très fort ici ! Et toujours entre le sud et l'ouest, donc de face pour nous !
Nous étions pourtant bien armés : 2 superbes vélos couchés, un Lynx et un Distance.
Mais Eole était sur son territoire. Un territoire parfaitement plat, sans arbre, sans montagne, sans mur, où rien ne l'arrête. Même pas deux 2 vélos couchés... Il gagnait tout le temps. Et à chaque fois qu'il se levait, notre vitesse tombait de 20Km/h à 15Km/h voir parfois même 10Km/h, 8Km/h ! On avait beau dépenser autant d'énergie que dans une montée à 12%, rien n'y faisait ! Et quand il venait, il ne nous lachait plus pendant au moins 10h ! Un sacré combattant ce vent !
Aucune tactique ne fonctionna. Car il nous surprenait tout le temps. Il pouvait arriver à tout moment de la journée. Partir tôt le matin ? C'était parfois là où il était le plus fort !
Rouler tard le soir ? Et comment planter la tente s'il arrive ?
La moindre trace de peau non protégée devient un passage pour l'ennemi. Nos mains et nos lèvres sont couvertes de blessures de guerre (la moindre blessure plutôt que cicatriser s'agrandit).
Par 2 fois, j'abandonna le combat. Et prit lachement un 4×4 (180Km) puis un camion (230Km). Je me disais "quel intérêt y-a-t-il à rouler à 12Km/h en affrontant un vent de 30-100km/h de face dans un paysage tout plat et semi-désertique, et même carrément laid !?"
Au sud de Comodoro Rivadavia, le paysage s'améliora un peu puisque l'on longea la mer. Mais ça ne dura pas. Alexis résista plus longtemps, malgré de plus grandes difficultés pour monter sa grande tente (la mienne avait d'ailleurs déjà cassé une fois sous la tempête).
Je crois avoir compris pourquoi les pingouins ont de toutes petites ailes : c'est à cause du vent ! La portance (force qui permet à une aile de se soulever) dépend principalement de la vitesse de l'air qui la parcourt. Et ca souffle tellement vite ici, que même avec une minuscule aile, on décolle ! ;-)
Arrivé en Terre de feu, il commence à avoir quelques montagnes, le vent faiblit un peu.

Terre de feu
En Terre de feu, les prix flambent. Tout devient très cher. Surtout côté Chilien.
Vendredi 19 décembre 2003, je passe le détroit de Magellan découvert en 1520 par Ferdinand Magellan (avec 5 bateaux : Trinidad, Santiago, Concepcion, Victoria et San Antonio). Ce détroit (576Km de long, aujourd'hui Chilien) est aussi considéré comme la rivière la plus puissante du monde (10 fois plus de volume d'eau que l'Amazone). Il a beaucoup perdu de son importance avec l'ouverture du canal de Panama en 1914.
Plus on descend est plus le paysage devient vert (plus de pluie).
On aurait pu rêver à des pistes tranquilles sans pollueur routier mais non, avec le tourisme, il y a beaucoup beaucoup de trafic ; même au bout du monde ! Il y a aussi beaucoup de solitaires qui se baladent en 4×4 payés par la compagnie pétrolière (Chevron-Texaco, Total, Esso, compagnie Chilienne, etc.). Et quand ils voient un étranger sur un vélo bizarre, ils tournent autour doucement, ne le lachant plus des yeux, tout en l'arrosant de nuages de poussière.

(Trajet)


30 000Km (23 dec 2003)
Ca y est, j'ai passé les 30 000Km ! Peut-être 1/3 de ce que je vais faire dans ce tour du monde.
546 jours depuis le départ (25juin02). Dont environ 400jours de vélo (75Km/jour).
16 pays.

Les RECORDS :
vitesse maxi 90Km/h, Santa Fe, USA.
Température de -16ºC en dehors de la tente une nuit au Salar d'Uyuni, sud Bolivie.
1er cassette qui dure pendant 26 500Km ! (changement au Brésil)
180Km de vélo en 1 jour, (200Km à l'est de Chicago).
14 700Km (2700Km à l'arrière + 12100Km à l'avant) effectués pour un pneu Michelin 26×1.5

Ushuaia (24dec03)
Par 55degré sud. La ville la plus au sud du monde.
Malheureusement c'est encore un endroit très, trop, touristique. Les pistes sont pleines de voitures et camions. Même au bout du monde on ne peut pas rouler tranquillement en vélo !.
Mais le paysage s'est beaucoup amélioré. La ville est entourée de petite montagne. Nous avons de la chance, il ne pleut pas trop.
Pour ceux qui veulent voyager en Amérique du Sud, sachez quand même qu'Ushuaia n'est que la ville du bout du monde. Il n'y a rien de formidable que l'on ne puisse voir ailleurs. (photo, photo, photo)

Après Ushuaia, je quitte la Terre de feu toujours autant embêté par l'importante circulation touristique.

 

Quelques petits textes intéressants :
"Qu'est-ce qu'un forum social ?"
"L'initiative Pays pauvres très endettées."
"L'armée française au service d'Alcatel, Schneider et Vivendi."
"Les EU et le désordre économique mondial."

Un site pour réflèchir sur sa façon de vivre : http://www.simplicitevolontaire.org/

 


CHILI

trajet Amerique du sud (80Ko)

Punta Arenas - Puerto Natales
Le 1er janvier 2004, je suis à Punta Arenas avec Alexis. Je l'ai retrouvé hier par hasard alors qu'il attendait le bateau à Porvenir (pour repasser le détroit de Magellan). Comme tout est fermé, que l'on ne peut faire le plein de nourriture et qu'il pleut, je reste sous la tente à lire sur mon PSION (Germinal de Zola).
2 janvier, les magasins rouvrent, on revit. Je fais les courses, le plein d'eau et c'est reparti.
Le soir, un jeune couple d'Autrichiens à vélo que j'avais doublé l'après-midi, me rattrape et vient camper à côté de moi (seul endroit protégé du vent à au moins 15Km à la ronde). J'essaie de discuter un peu avec eux. Mais c'est des jeunes qui ont fait beaucoup d'études et n'ont pas l'air d'avoir eu le temps de penser à autre chose. Le lendemain matin, je vais attendre très longtemps qu'ils sortent enfin de leur tente pour leur dire au revoir... Vous êtes grand, je ne vais pas vous expliquer ce qu'ils font... Ça me fait penser : Il y a des gens qui s'imaginent qu'un gars qui fait beaucoup de kilomètres en faisant son tour du monde, c'est un gars qui va trop vite, ne fait que du vélo et n'a pas le temps de voir grand-chose. L'histoire ci-dessus vous montre que ce n'est pas forcément vrai. Un gars qui fait beaucoup de kilomètres c'est un gars qui part "tôt" le matin. D'ailleurs, j'ai souvent remarqué que les couples faisaient très peu de kilomètres. Ce n'est pas pour ca qu'ils voient plus de choses...
A peine sur la route, je me retrouve par terre. Bon... le père Eole est déjà en forme, près à combattre. Je range mes petits écouteurs de walkman sort le masque-lunette de ski, mets les boules Quiets et mets un bandeau autour du visage, principalement pour protéger mes lèvres que cisaille le vent. Là, père Eole doit souffler à 60-70Km/h... Plus loin, il fera tomber le vélo en cassant la béquille. Mais j'arrive à rouler : 10Km/h !, c'est déjà ca ! Le comble, c'est qu'ils font des monuments pour le vent ici !!! Quel sandale !!! : [photo]
Vers 16h, alors que je viens d'éviter une chute en freinant d'urgence pour ne pas me retrouver dans le fossé poussé par le vent, un camion s'arrête. Avec le vent, ils ont beau crier très fort, je les entends à peine. Ils me proposent de m'emmener jusque Puerto Natales. Comme ils sont déjà arrêtés, je ne peux refuser. Car si je refuse, ils ne s'arrêteront plus pour le prochain cycliste...
On va beaucoup discuter dans ce camion. Le chauffeur, Alexandro, a 29 ans. Son collègue, Miguel, en a 26. Ils font le trajet 20 fois par mois pour ramener des moutons sur Punta Arenas et sauver les cyclistes fous qui osent défier le dieu Eole.
On va parler politique bien sûr. Pinochet n'est pas si fou que ca. Il a été interviewé la semaine passée et il se souvenait de tout. On vous a encore menti... (PINOCHET ET LES PARADIS FISCAUX) D'ailleurs il est très riche et contrôlerait encore un peu le pays. C'est la gauche qui gouverne ici. Mais il n'y a de "gauche" que le nom. En vérité, l'état vend tout à de gros patrons de multinationales. Ils ont vendu l'eau, l'électricité, la santé, et essaient de vendre le pétrole ; une des grosses ressources de l'état. Et les gens du pays se retrouvent sans rien ; surtout les pauvres bien sûr. Maintenant, si vous avez un gros accident de santé, il faut trouver un bon ami qui signe un chèque avant l'opération !
Quand je leur parle de la France, des études quasi gratuites, du système de santé, etc., ils me regardent avec de grands yeux envieux. C'est vrai, en France, on a des trésors de solidarité. Mais je leur explique que c'est en train de changer, que les gens refusent de plus en plus cette solidarité, qu'ils pensent avant tout à eux et aux impôts qu'ils payent. Ca va devenir comme ici, au Chili ou ailleurs. Il y a aussi une grande partie de la population qui se fout et ne comprend rien à ce qui se passe. Ils comprendront peut-être plus tard... mais ce sera trop tard !
Puis je les questionne sur les relations très mauvaises avec leurs pays voisins. D'abord avec la Pérou et la Bolivie qui réclame des territoires du nord que le Chili avait pris durant la guerre du Pacifique (1879-83) pour récupérer le nitrate des déserts du Nord (Atacama, etc.). Puis les problèmes avec l'Argentine qui leur a piqué des territoires du sud alors qu'ils faisaient cette fameuse guerre du Pacifique. Aujourd'hui, ils y perdent le pétrole. Etc. Etc.
Mais ne vous inquiétez pas, le Chili et l'Argentine sont tout deux équipés de bons mirages francais. Donc s'il y a la guerre, on pourra encore vendre d'autres mirages, et l'état francais sera, derrière la facade, très satisfait de cette guerre !
Arrivé à Puerto Natales, je les quitte en leur donnant mon adresse en France. Ils seront les bienvenus.

 


ARGENTINE

trajet Amerique du sud (80Ko)


Calafate, les jeunes touristes (7janv04)
De Puerto Natales à Calafate, ce sera surtout de la piste, avec du vent bien-sûr. Mais on peut rouler, le dieu Eole me laisse passer en m'usant soigneusement.
30Km avant Calafate, alors que je fais une pause "confiture au pain", arrive un 4×4 qui roule lentement sur une jante. C'est 4 ou 5 jeunes, j'ai du mal à dire car certains sont en train de dormir les uns sur les autres. Le conducteur s'arrête à ma hauteur et me fait des signes bizarres. Je me rapproche. Je comprends qu'ils veulent une pompe. Ce sont des israéliens. Ils ne parlent pas espagnol, mais une fille parle anglais. Ca fait 6h qu'ils roulent comme ca, lentement sur la jante arrière. Leur pneu de rechange est crevé. Et c'est vrai qu'entre Puerto Natales et Calafate (200Km env.), c'était déjà juste pour trouver de l'eau, alors pour réparer un pneu de voiture, il n'y a rien, absolument rien ! Je sors ma petite pompe, et comme je vois que ca a l'air d'être de sacrés bricoleux, je vais m'occuper de la réparation de ce pneu. Sans le démonter, puisqu'ils n'ont aucun outil, on colle le pneu avec mon précieux tube de colle glue.
En regonflant, ils vont réussir à casser ma petite pompe. Donc ils se jettent sur la route pour arrêter les voitures comme des sauvages en demandant une pompe sans la moindre politesse. A la deuxième voiture arrêtée, je vais moi-même demander au monsieur. C'est une famille. Ils ont un petit compresseur. Il est bien sûr prêt à nous aider. En Argentine, les gens sont d'une extrême serviabilité. 15mn plus tard le pneu est gonflé, à la seconde près ou j'enlève le manomètre du pneu, nos jeunes israéliens sont déjà repartis. A peine un merci.
Ils m'avaient proposé de m'emmener jusque Calafate, mais oublié. Je les reverrai plus loin passer très vite sur la route sans me dire bonjour.
Moi je reste quelques minutes avec notre sauveur argentin pour discuter, demander d'où il vient, et le remercier grandement (avec une bonne poignée de main, très important ici !). Bref, le minimum de politesse !
Je raconte cette histoire pour vous faire comprendre à quel point et pourquoi les habitants d'un pays peuvent en avoir marre des touristes étrangers... Heureusement les Argentins sont très soucieux de leur image. Donc ils sont encore aujourd'hui extrêmement aimables et serviables.

L'arrivée à Calafate : film de 1,2 Mo sous le vent.

Arrivé à Calafate, beaucoup de touristes comme d'habitude depuis Ushuaia. Mais c'est aussi l'occasion de rencontrer des gens sympa attirés par mon vélo et sa pancarte (protestation contre les pollueurs routiers+liste des pays traversés). Des francais, des espagnols, des belges, etc.
Calafate, comme presque toutes les villes d'Argentine, je trouve ça moche. Mais ce qui est intéressant par ici, c'est le glacier Perito Moreno. La piste qui y mène est très difficile avec un vélo chargé comme le miens. Mais le plus gênant c'est surtout les cars de touristes qui vous couvrent de poussière. Donc il faut éviter les heures de pointes. Le mieux, c'est d'arriver tard le soir quand il n'y a plus personne ; et ça permet de ne pas payer l'entrée (c'est pas encore privatisé, il n'y a donc pas de grillage, juste des gardiens distraits). Alexis me rattrapera sur la route. [Photo1, photo2, photo3]


Les jours de travaux forcés (janv04)
En quittant le glacier, on se dirige vers l'est, donc on a le vent de dos (rappel : vent toujours d'ouest ici). Mais une fois la ville de Calafate passée, on remonte vers le nord. Aih, aih, aih... Le vent de côté ! Et c'est de la piste ! La piste en Argentine, c'est juste un étalage de cailloux. Comme il ne pleut jamais, les cailloux ne s'enfoncent pas dans le sol. Même avec des gros pneus (26×1.95) on a tendance à glisser et particulièrement quand un terrible vent vous pousse sur le côté.
Alexis est resté à Calafate attendre que ça se calme, mais il sait que ça ne se calme jamais par ici ! Il finira donc par partir malgré les 80Km/h de ce terrible vent ! Moi j'entame déjà le début de la piste. Je roule à 12Km/h, puis 10km/h, le vent continu à forcir, 8Km/h, et c'est plus possible ! Je suis obligé de marcher maintenant ! A 20h, je plante ma petite tente dangereusement derrière des petits arbustes. Le dieu Eole a encore gagné la partie !
Alexis s'arrêtera plus loin car il lui faudra une meilleure protection pour planter sa grande tente.
Les jours suivants, ce sera encore du gros vent, du gros vent et toujours du gros vent ! C'est comme une énorme tempête qui dure 24 heures sur 24 pendant des semaines et des semaines sans jamais faiblir. Et il n'est pas question de s'arrêter et attendre que ca passe. On sait que ça ne passera pas ! Puis l'on est dans une région très sèche et désertique. On roule parfois pendant 350Km sans rien trouver pour se ravitailler en nourriture. Remarquez, avec la grande difficulté que l'on a ici à sortir une tranche de pain et à y étaler un peu de confiture sans que tout parte en l'air, on a plus trop envie de manger ! Heureusement, on peut trouver de l'eau à peu près tous les 50Km. Il y a encore quelques minuscules rivières bientôt mortes, des petites fermes paumées au milieu de nul part, ou encore un poste de surveillance pour l'entretien de la route où quelques personnes, payées par le gouvernement, viennent vivre là l'été (dec-janv-fev). Avec la chaleur, on boit jusqu'à 7 litres d'eau par jour. Et il faut rajouter à ça l'eau pour se laver et faire les pâtes le soir. En gros une consommation de 10 litres par jour. C'est juste ce que j'emporte sur mon vélo. 10Kg d'eau ! Donc si jamais l'on ne fait pas les 50Km/jour, on a un gros problème ! De même si l'on rate le point d'eau ! Il y a bien quelques voitures qui passent dans la journée, mais ce n'est pratiquement que des touristes. Ils nous regardent comme ils regarderaient des bêtes sauvages, en passant à toute allure. Parfois ils s'arrêtent un peu plus loin. On voit rapidement sortir quelqu'un avec un appareil photo et hop ! Un quart de seconde plus tard la voiture est déjà repartie. Pas de bonjour, pas de question, aucune communication. Il m'est arrivé de faire du stop toute la journée. Et c'est là que l'on comprend que l'on est vraiment tout seul en cas de problème... Personne ne s'arrête !
Ce sera souvent très juste, mais on y arrivera ! Et une fois qu'on a passé une telle épreuve, on est très confiant pour les épreuves suivantes.
Les "travaux forcés" ou le "goulag", comme dirait Alexis, ca va durer une semaine. Et c'est long !
Après, on arrive au Chili, sur la fameuse Carretera Austral.

(Trajet)


CHILI

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La Carretera Austral (19janv-25janv04)
Pour ceux qui partent. La Carretera Austral c'est probablement ce qu'il y a de mieux à faire dans la région. Mais comme la moindre montée ou descente c'est du 15% voir même jusqu'à 18%, il faut être très lèger. Si vous venez seulement faire cette fameuse Carretera Austral, venez de préférence en vélo debout. Car le bent fait déjà 10Kg de plus qu'un vélo classique ! Personnellement, avec mes 60Kg de bagages + 25Kg vélo, j'ai beaucoup souffert en poussant le bent. Mais Alexis qui n'a "que" 40Kg de bagages était aussi trop lourd. En fait, pour la faire dans de bonne condition, il ne faudrait pas dépasser les 15Kg de bagages. J'ai croisé par exemple un suisse qui n'avez pas de tente. Il dormait dans les abris de bus ou dans des fermes.
Vaut mieux faire ce trajet du nord vers le sud (pour les vents et les descentes).
Si vous atterrissez à Santiago, il faut savoir que côté Chili, et à vélo, il n'y a rien de très intéressant avant Chiloé. Une autoroute... voir plus bas "la route de l'enfer". Donc, à moins que vous soyez un vrai écolo, prenez le bus jusque Chiloé. Ou si vous êtes un grand aventurier, vous pouvez peut-être passer par Mendoza, en Argentine, et prendre les pistes dans la montagne jusque San Carlos de Bariloche et Esquel. Au Nord de Bariloche, j'ai pu remarquer, que plus on s'éloigne de la frontière Chilienne, plus c'est sec et moche. La partie la plus belle de la Carretera Austral commence à Chaiten et on peut descendre jusque Coyhaique, El Maiten, Cochrane et Villa O'Higgins. D'après ce que l'on m'a dit, après Villa O'Higgins il y a un minuscule chemin par lequel on peut passer à vélo (certains mettent leur vélo sur des chevaux). Puis il y a un bateau (peut-être 2 par semaine) qui vous emméne à Maipu. De là, vous pouvez rattraper la route 40 en Argentine et descendre par exemple sur le glacier Perito Moreno qui vaut le détour. Mais sachez quand même que la Carretera Austral, c'est toujours très pluvieux ! On trouve aussi ca parfois : photo

 


ARGENTINE

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Guerre du vent, suite (25janv04)
Après 6 jours de "séances poussette" comme dirait Alexis, je quitte cette fameuse Carretera Austral tant visitée par les cyclistes étrangers. Je quitte premièrement parceque le Chili c'est 2 à 3 fois plus cher qu'en Argentine. Je sens que la pluie arrive, et elle sera présente pour ceux qui restent côté Chili. Mon unique bon pneu de piste à l'arrière est en train de s'arracher et je sais que je n'en trouverai plus de bon par ici. Et je commence à en avoir assez des galères. En Argentine je vais pouvoir me remonter le morale en mangeant correctement et pas cher. Puis ce sera, après 70Km de piste, du macadam avec des montées de 8% maximums. Rien à voir avec les 15% du Chili. Mais.... et le vent ?

Combat du "veinte cinco de enero dos mil quatro."
A peine la frontière chilienne passée, le vent commence déjà de plus en plus à se faire sentir. C'est marrant comme le Chili récupére ici toutes les pluies et l'Argentine les terribles vents.
Heureusement, la tempête me poussent (ca vient toujours d'ouest). Mais d'heure en heure Eole grossit, forcit. Il balaye déjà les poussières du sol qu'il m'envoie violemment dans le cou. Jusqu'où ira-t-il pour m'empêcher de rouler ? Déjà dans les montées à 10%, sans pédaler, je roule à 25Km/h ! J'ai les deux mains usées par les coups de freins qu'il m'oblige à donner pour ralentir et ne pas tomber. La piste est de plus en plus caillouteuse. Je suis peu à peu coincé dans les tranchés que forment les pollueurs routiers. Puis c'est la chute ! A 35Km/h je tombe violemment sur le côté droit ! Dans la vitesse de l'action, la sacoche avant droite n'a pas pu me protéger, s'est décrochée le vélo passant par dessus. C'est la jambe droite qui a encaissé le choc et le poids du vélo ! Je crie de douleur, mais me relève. Un camping car chilien passe. Le vélo est par terre, j'ai la jambe en sang, ils ont dû voir la chute. Ils ne s'arrêtent pas ! AAaaahh !!! Les Chliens !!! (désolé...)
Pas la peine d'essayer de nettoyer les blessures ici. Il y a de la poussière partout. Puis avec le vent qui souffle, l'eau qui s'évapore sur la peau devient glaciale ! Je continue comme pour fuir cet enfer. Même s'il faut rouler toute la nuit pour trouver un abri, je roulerai !
Mais... un nouveau problème arrive ! La route tourne à gauche... Et il y a un pont bien en hauteur à passer.
Avec du vent de face ou de dos, ça passe. Mais du vent de côté, ça bloque.
Je descends du vélo, me couche dessus tout en le poussant et en entamant le virage. Mais Dieu Eole, m'éjecte de cette courbe. Je résiste. Dans 10 mètre je suis sur le pont. Au bout de ce pont, il y a un arbre où je pourrai enfin me protèger. Encore 2 mètres. Ca y est j'y suis ! Mes roues touchent enfin ce ciment sur lequel elles adhèrent tellement. J'arrive au niveau de l'arbre. Que c'est bon de ne plus sentir cette force invible qui vous pousse par terre. Je pose le vélo sur la béquille en serrant à fond le frein à main. Puis vais me coucher derrière le pont. Au ras du sol ca souffle moins. D'ailleurs les oiseaux ne volent jamais plus haut qu'à 10cm du sol ici. Mais aujourd'hui ils ne voleront pas. Ils sont planqués dans les bosquets à supplier Eole de s'arrêter. Moi je reste silencieux. Il y a déjà bien assez de bruit comme ca. Je réflèchis en attendant une grosse voiture qui ne viendra pas. Les quelques voitures qui passent sont pleines et trop petites pour me sauver. Une heure plus tard, je tente une avancée sur la piste. Mais le vent est si fort qu'ils poussent les 85Kg du vélo comme une vulgaire mouche. Je retourne derrière mon arbre protecteur qui commence lui aussi à beaucoup souffrir de cette tempête. Il abandonne quelques branches trop lourdes à retenir. Moi j'abandonne aussi. Eole a encore gagné. Je n'irai pas plus loin aujourd'hui. La faim viendra. J'irai me trouver, en marchant à 4 pattes pour ne pas m'envoler, un endroit un peu protégé derrière des arbustes à 10m du pont. Et j'y hisserai le vélo. [photo1, photo2]
Moralité, on croit que parce que l'on a déjà passé des moments très difficiles, il ne peut plus rien nous arriver. Mais si, il y a toujours pire !
Le lendemain matin, je suis réveillé à 6h par une voiture qui passe en klaxonnant. J'enlève mes boules Quiets. Plus de vacarne ! Eole a l'air endormi ! Un mmmiracle !!! (à minuit, il était encore en pleine forme). Je remballe rapidement mes affaires et change donc mes horaires de travail. 7h, je suis sur la route complètement crevé en avancant à 15Km/h. 9h, Eole est de retour. 11h il souffle déjà presque autant qu'hier mais la piste est finie ! Sur le macadam mes pneus collent et je résiste mieux.
Je vais vers le nord, le vent vient toujours d'ouest. Je roule donc penché sur ma gauche. Quand je descendais vers le sud avec Alexis, j'étais penché sur ma droite. Si bien que mes pneus sont maintenant taillés en biseau. Quand il n'y aura plus de vent, je ne roulerai plus penché. Mes pneus pointus feront un sillon dans le macadam... Je vais encore avoir des problèmes avec la police... ;-)

A partir de Tecka, Esquel, le paysage devient beau et les vents diminues (mais ils viennent du nord-ouest, bref, toujours de face). Bariloche, rien de formidable. Le problème sera ici l'importante masse de pollueur touristico-routiers. Avec mon bent, j'ai souvent l'impression d'être l'attraction touristique principale. Ils me tournent tous autour ces touristes. Il y a surtout beaucoup de Chilien. Et rien qu'en voyant le véhicule arriver dans mon rétro, je peux vous dire la nationalité du pollueur. Les Chiliens foncent droit sur moi et il n'y a qu'au dernier moment qu'ils font un tout petit écart pour ne pas arracher mon écarte-danger. Vous pouvez imaginer la trouille que j'ai quand je les vois arriver dans mon rétro ! Les Argentins roulent plus vite, mais s'écartent au maximum bien avant de me doubler. Et quand je vois quelqu'un mettre son clignotant, je peux dire que c'est un européen ou nord américain. Ca fait bizarre de voir un clignotant alumé !


CHILI

trajet Amerique du sud (80Ko)

 

La route de l'enfer (remontée vers Santiago)
Après Bariloche (en Argentine), je finis par être obligé de retourner au Chili. Car ça devient très montagneux, le ravitaillement et les routes manquent.
Le Chili, je vais m'en rendre compte en remontant, ca n'a rien à voir avec l'Argentine. C'est plutôt la continuation du Pérou que j'ai connu sur la côte Pacifique. C'est très bruyant, mais plus riche que le Pérou. Il y a donc beaucoup plus de pollueurs routiers.
Pas mal de gens n'ont pas l'air d'aimer les étrangers par ici. Mais il y a aussi beaucoup de gens sympas.
Au Chili, pour aller du nord au sud ou du sud au nord, il n'y a qu'une route. Enfin plus exactement une autoroute : la "cinco" ou "panamericaine". C'est le genre de route à éviter en vélo (photo). Mais pour moi, il n'est pas question que je prenne le bus et que je participe à cette pollution !

(Trajet)

C'est parti pour 600Km et 5 jours d'enfer :
Le sol est noir comme la mort. Mais ca grouille de vie. Une vie bruyante et violente.
Le bruit mate de l'air déplacé, le bruit aigu de ferraille, et le bruit strident des pneus qui collent à la route.
Des petits diables à 4 pattes et des monstres à 10 pattes qui se déplacent dans tous les sens.
Sans prendre garde au minuscule insecte que je suis, ils m'envoient régulièrement des cris de furie (c'est leur façon de dire bonjour, un énorme coup de klaxon comme au Pérou).
Dans cet enfer et sous un soleil de plomb, je respire difficilement un air vicié qui me pique le nez.
Pour en sortir, il faut penser. Penser à autre chose. Se concentrer sur quelque chose.
La musique, ma dernière chance. Elle me remonte le moral et me fait pédaler encore plus vite.
Nino Ferrer, Marcel et son orchestre, Las Patatas Espantadas, sont mes compagnons pour cette route.
Ils m'aident à faire du 27Km/h pour vite sortir de cet enfer.
Encore 4 jours, 3 jours, 2 jours, 1 jour.
Le soir, je quitte l'enfer pour le paradis. Un petit coin de nature, du yoghurt aux mûres.
Dur le matin de se lever, pour retrouver ces gens qui cherchent à me tuer.
Mais j'arriverai vivant à Santiago !

Santiago (15fev04)
Santiago, c'est malheureusement le passage obligé pour prendre l'avion vers la Nouvelle Zélande.
Avant d'entrer dans cette ville de fous, je passe le week-end à lire dans un grand verger, sous des pruniers. Avez-vous déjà passé une journée entière sous un prunier ? C'est pourtant une bonne manière pour voir vivre l'Arbre. Dès le levé du soleil, les fruits commencent à tomber. Et ce jusqu'au soir, où ça s'arrête petit à petit.
Lundi matin, départ exceptionnel à 8h pour Santiago donc. Autour de la ville, il y a un brouillard de pollution stagnante qui me pique les yeux, le nez et me fait tousser.
Plus je me rapproche, et plus le trafic devient violent. Surtout du côté des bus, ces diables à 4 pattes. Ils me font quelques queues de poisson où j'arrive à freiner d'urgence. Puis l'un d'eux m'éclate mon écarte danger, ca commence à chauffer ! Je garde mon sifflet en bouche. Une minute plus loin, je me fais violemment prendre "en sandwich" entre le trottoir et un bus qui s'y rabat trop rapidement. Je siffle un grand coup, il finit par s'arrêter de justesse avant de m'écraser. Je laisse tomber mon vélo et vais tirer les oreilles du chauffeur ! C'est un entraînement pour le passage en Inde...
Après, je roule sur le trottoir. Pas pratique, mais moins dangereux.
Le centre de Santiago (photo, photo cathedrale), c'est un peu plus riche et moins sale que Lima, mais rien de formidable (vous savez que je n'aime pas les villes). Je vais vite me renseigner pour le billet d'avion. Par chance je trouve un vol le 6 mars à 1200euros pour Auckland (NZ). Après une petite visite du centre, je sors rapidement de cette ville. Le lendemain matin, même 20Km plus loin, l'Air a mauvais gout...

Santiago - Mendoza (21fev04)
En attendant le départ de mon avion pour Auckland, je vais faire un tour dans les montagnes de Mendoza, en Argentine. Ca me permettra de mettre le site "tdmbent" à jour (en Argentine, on trouve des cybercafés à 0,4euros/h, un record !). Sur la route, je vais rencontrer deux jeunes francais qui font un tout petit tour du monde de 10mois, "en vélo" mais surtout en avion : http://www.moutonsdumonde.com
Pour ma part, c'est ma 3ème remontée des Andes. 1er en Equateur de Guayaquil à Riobamba (col à 4300m d'altitude), 2eme au Pérou de Nazca à Cuzco (col à 4800m), et maintenant entre le Chili et l'Argentine avec un petit col à 3200m. Malheureusement, on est entre deux pays assez riches et sur l'étroite route, il y a beaucoup de trafic ! Principalement des camions puisque la voie ferrée qui avait demandé tant d'énergie et de temps pour être construite, a été abandonnée ; comme partout !
Juste avant la frontière, ça monte fort pendant une 30aine de kilomètres : du 7-12%. Mais il suffit de prendre son temps. S'arrêter régulièrement. Contrairement à la route Nazca - Cuzco, on trouve de l'eau facilement ici. Ca fait 6 mois que je n'ai pas dépassé les 1000m d'alt. mais je ne vais pas souffrir de ce passage à 3200m. On passe aussi à côté de l'Aconcagua, plus haut volcan/sommet des Amériques : 6959m.
Une fois en Argentine, les gros vents sont de retour. Marrant ce pays de vents ! Dans un virage, je vais encore être bloqué tellement ca souffle. Je rebrousse chemin et finis par trouver un trou au milieu des rochers. Après un travail de terrassement, j'y plante ma tente en la bloquant avec de gros rochers. Le lendemain, ca souffle presque toujours autant, mais je passe. Quand on veut vraiment, on finit toujours par passer...

Résultat 1er sondage tdmbent
Tout d'abord, merci à ceux qui ont répondu.
En 3 mois (20nov-20fev04), je n'ai reçu que 43 réponses !
Dans ma famille pratiquement personne n'a répondu. Ce qui me fait croire qu'il n'y a pas 50% des lecteurs qui on répondu. Les gens croient peut-être que ça ne sert à rien...
Pour le moment mon PSION (notebook sur lequel je prépare les récits) fonctionne plus ou moins. Donc je devrais pouvoir continuer à faire des mises à jour tous les 1 ou 2 mois.
Il y a 2 personnes (peu) qui m'ont dit que le site était lent. Personnellement, quand je le consulte de l'autre bout du monde, c'est toujours rapide (contrairement au site d'ifrance ou free).
Si je ne suis qu'à l'index 3, c'est parcequ'il va y avoir encore beaucoup à mettre.
Le site tdmbent est avant tout destiné à ceux qui préparent un tour du monde ou des petits voyages à vélo. Voilà pourquoi, je mets par exemple des infos techniques dans les récits. Quand j'aurais plus de temps, je les mettrai ailleurs.
Certains préférent des récits plus longs d'autres plus courts, j'essaie de trouver le milieu.

Nourriture
Pendant mon séjour au Panama et aux Galapagos, j'ai eu la chance d'être invité sur des bateaux français où l'on mangeait évidemment excellemment. En Equateur, Pérou, Bolivie, c'est du riz, du riz, toujours du riz. Avec surtout du poulet. Mais c'est pas cher : entre 0,5 euro et 2 euros. Ca devient moins cher d'aller au resto que de préparer son repas soi-même. Contrairement au nord du Mexique, où je ne trouvais que des "tortillas", on trouve du bon pain facilement par ici.
En Bolivie, c'est plus dur de trouver un petit resto ouvert le soir vers 17h, avant la nuit (ils mangent à 20h). Donc je mange seul mes pâtes. Et à force de manger toujours le même, il y a de plus en plus d'ingrédients que mon estomac refuse : thon, sauce tomate, sardine, etc. Mais heureusement, je vais bientôt arriver dans des pays où il y aura plus de choix (Brésil, Argentine, Chili).
En Equateur, Pérou et Bolivie, les aliments périmés ne sont pas un problème pour les vendeurs. Il y a toujours un gogo qui va les acheter... Je me suis fait avoir plusieurs fois. Et si vous prévenez le vendeur, le produit est remis sur l'étalage !
Un matin, je n'avais plus de confiture et rien à mettre sur mes tranches de pain. Que du sucre et de l'eau ! Donc je me suis fait du caramel. Avec le besoin, on trouve toujours une solution. C'est pour ça que les voyages forment la jeunesse ! Et c'est pour ça de Zola disait : "rien ne développe l'intelligence comme les voyages". Tous les jours, on est confronté à de nouveaux problèmes qu'il faut résoudre.
L'Argentine, c'est pas cher et c'est bon ! L'on mange énormément de viande dans ce pays.
Brésil et Uruguay, un tout petit peu plus cher. Chili, très cher et plus de baguette. Mais quand je pense qu'avant la "dé-dollarisation", l'Argentine c'était plus cher que le Chili, tout compte fait c'est pas si cher (presque comme en France) !

Faune
Dans les Andes péruviennes et boliviennes, je n'ai vu qu'une fois un condor. C'était à 30Km à l'est de Nasca. Dans la région du lac Titicaca, on voit beaucoup d'aigles de différentes sortes, principalement celle-ci: [photo aigle]
Les lamas sont surtout présents dans les zones désertiques, comme la région d'Uyuni.
En arrivant au nord de l'Argentine, j'ai été surpris du grand nombre d'espèces d'oiseaux que je voyais tous les jours (une bonne 10aine différente par jour). Des perruches vertes, des autruches, beaucoup de sortes de rapaces aussi, etc.
Le long de la côte Atlantique, on voit beaucoup de putois et d'"armadillo" ou tatou: [film de 1,8Mo]


Arrivé en Terre de Feu, on revoit des lamas (ou "guanacos") et plus au sud, il y a quelques gigantesques troupeaux de moutons. Mais beaucoup ont été tués à cause de la fièvre aphteuse. Il y a aussi des espèces de petits renards. Au nord de Puerto Natales, à la frontière Chili - Argentine (frontière où l'on trouve des champs de mines), j'apercoie dans le ciel 2 condors à la recherche de gibier. 3-4m d'envergure, col blanc, mains au bout des ailes.


Pour ceux qui partent
Je déconseille la piste (ou route d'après certaines cartes) à l'est de Sucre en Bolivie.
Dans le nord de l'Argentine, même sur les grands axes, le macadam disparaît parfois pour laisser la place à la piste. Et avec la banqueroute des finances de l'état en 2002, la qualité des routes ne va pas s'améliorer. Dans le reste du pays, les routes sont toujours très étroites, c'est assez dangereux. Il faut savoir aussi qu'en Uruguay et Argentine, il y a des barbelé partout et c'est souvent difficile de trouver un coin pour camper. Si vous voulez longer la côte Atlantique (sans grand intérêt), sachez que le vent vient surtout du sud-sud-ouest (fin nov,dec,janv). Et ca peut souffler très très fort (voir plus haut "la guerre du vent") ! Du côté de Calafate ca souffle aussi très très fort. Pendant mon passage là-bas, en 15 jours, le vent a toujours été présent. D'après ce que j'ai vu, la grosse période des vents est surtout en décembre. Et les vacanciers sont là surtout en décembre-janvier. Donc passez plutôt vers novembre ou fin février en Patagonie.
La Carretera Austral, c'est beau mais très dur et nuageux (voir récits). La route entre Santiago et Mendoza, je n'ai pas trop aimé. Il y avait beaucoup de camions et le paysage était assez désertique.

 

 

Conclusions sur l'Amérique :

 

On ne peut évidemment pas faire de réelle conclusion sur un tel voyage, mais quand-même :

J'ai aimé :
- Le Québec, pour les gens sympa et les nombreuses pistes cyclables ou routes partagées où les voitures font très attention à nous.
- Le Mexique, pour les gens très sympas, serviables et hospitaliers. Puis c'est un pays où il y a énormément de choses à voir. J'y ai passé 3 mois mais il en aurait fallu plus de 5 ! Beaucoup de très belles villes aussi.
- Le Guatemala, pour les gens timides et très gentils.
- L'Uruguay et l'Argentine, pour la population d'une extrême serviabilité et amabilité.

Les plus beaux paysages : Montagnes de Oaxaca au Mexique [photo], Andes Equatoriennes (piste entre Guaranda et Riobamba) [photo], Salar d'Uyuni [photo], Chute d'Iguazu [photo]. Piste à l'ouest de Chile-Chico au Chili (Carretera Austral sans nuages) [photo].

Pour moi qui ai connu l'hospitalité Africaine, je dirais qu'en Amérique Latine, contrairement à ce que l'on peut croire, ca n'est pas très facile de se faire inviter dans des familles. C'est même de plus en plus dur (télé, voiture, confort, etc.). Ou bien il faut forcer ! Ce qui peut créer des situations désagréables où l'on se rend compte que vous n'êtes pas vraiment accepté et l'on vous demande de partir.

J'ai passé 600 jours (25juin02-6mars04) en Amérique et traversé 16 pays à vélo (35 000Km).
Je suis content d'être encore vivant malgré les plus de 40 000 pollueurs et assassins potentiels qui ont croisé ma route !

Si je devais retourner en Amérique, ce serait pour le Mexique.

 

Suite, en New-Zealand...